Devenir des managers libres !

Publié le 5 juin 2019
Management / Prospective

« Liberté implique responsabilité. C’est là pourquoi la plupart des hommes la redoutent ». – George Bernard Shaw.

De quoi avons-nous peur au juste ? Qu’est ce qui empêche notre liberté ?

Le regard de l’autre ? Assumer d’arriver en retard au bureau ?

Pourtant chaque matin nous avons le choix entre :

– Prendre 1 H 30 sur son temps de travail et sur son temps personnel pour participer à un petit déjeuner organisé par Objectif CASH, pour échanger avec ses pairs, pour réfléchir ou

– Aller directement dans la grande tour à la Défense sans trop se poser de questions ni réfléchir …

L’idolâtrie des données … Ce qui est marqué sur des écrans …

En définitive qui croire ? Les écrans, les données ? Quid si quelqu’un coupe l’électricité ? Plus de données ? Plus d’écrans ?

Quelle autonomie de décision ?

Les Anglais nous ont piqué le mot. « Manager » vient du mot manège …On imagine la scène. Le dresseur et le cheval. Face à face. Le dresseur comme le manager fonctionne dans un environnement, dans un cadre contraint. Quelle autonomie revendiquer ?

– Celle de prendre la liberté de questionner le système dans son ensemble ? Questionner le why ? Le Pourquoi ? La finalité ? Le « en vue » de quoi ? ou

– Celle de questionner le cadre contraint dans lequel le manager évolue ? De questionner notre propre apport ?

Un exemple parmi d’autres : le processus budgétaire …

Tous parmi nous, CFO ou pas, nous avons expérimenté la découverte de nouvelles organisations. En poste fixe ou en missions.

L’exercice budgétaire est partout un révélateur de la pesanteur des organisations. Comment il se prépare ? Combien de temps on y consacre ? Qui et comment on donne le top départ ? Combien de personnes dans l’organisation sont impliquées ? Quel niveau de discussion ? Quel niveau de fiabilité ?

Décris-moi ton processus budgétaire et je te dirai qui tu es…

Au-delà du traditionnel « top down » très critiqué et du « bottom up » partout revendiqué … Comment qualifier la méthode ? Travaille-t-on « à la louche » ou « au doigt mouillé » ?

Partout on stresse. Rien de scientifique. Rien d’inspiré.

Il s’agit le plus souvent d’un exercice convenu, qui relève plus de la convention et de la représentation. Souvent du dogme.

Un exercice éprouvant, très codifié (l’expression des jeux de pouvoirs) … qui accouche de quoi en définitive ?

C’est étonnant de constater a posteriori le nombre d’objectifs fixés qui ne sont pas atteints.

Car le plus souvent à la fin du processus …on équilibre le budget grâce à Excel…

Beaucoup de managers sortent de l’exercice sous tension…

Tension entre ce qu’il est « convenable de penser » et ce que les managers pensent vraiment … La schizophrénie s’installe …Les managers rentrent dans le « convenable de penser ». Quand ils n’arrêtent pas carrément de penser par eux-mêmes …

La soumission au « convenable de penser » est d’autant plus vivace que l’on affiche en gros sur les murs les valeurs de l’entreprise. Et en premier lieu la valeur cardinale, celle qui justifie tout : « INNOVATION ».

Parce que c’est bien connu, dans les entreprises, nous avons tous attendu la transformation digitale pour innover…

Prendre du recul ….Prendre le contretemps … Trouver de nouveaux équilibres …

Il ne s’agit pas pour les managers expérimentés de faire comme les jeunes générations un peu (beaucoup ?) gâtées qui le Lundi exigent un baby-foot ou un nouveau PC….et le Mardi démissionnent sur un coup de tête en disant « Je me barre en Australie…Ici ce sont tous des has been ».

Il s’agit pour les managers de regarder la vérité en face et de se dire : « C’est de ma vie qu’il s’agit ! ».

Il s’agit d’avoir du courage pour faire changer les choses. Car plus le mot « INNOVATION » est écrit en gros sur les murs, plus le système produit des injonctions subliminales de se conformer au système et surtout de ne rien changer. De continuer comme avant…

Qui est le dresseur ? Qui est le cheval ? Que demande-t-on au cheval dans son manège ?

De faire des figures …Et comment traduit-on « figures » en Anglais ? Des chiffres ! Toujours des chiffres !

CQFD. C’est bien là le malaise des cadres.

En théorie, je suis manager. Ma mission : animer une équipe…la faire progresser. Dans un cadre contraint certes mais j’ai en théorie une certaine autonomie d’action. Pour ne pas dire liberté.

Dans la pratique : mon job consiste essentiellement à produire des données. Pour l’étage du dessus. Sans trop savoir à qui et à quoi cela sert.

La solution ? Changer d’orientation à mi carrière ? Devenir Boulanger Pâtissier ?

Un de mes clients, DG de la Division d’un Grand Groupe, me fait cette confidence.

« J’ai un problème avec mon fils. Il a fait HEC plus un MBA à Yale. Cela a coûté une blinde. Il a travaillé ensuite pendant 3 ans en Chine pour la Société Générale sur les marchés. De retour au siège en France depuis 6 mois, il a rompu ses fiançailles et me dit « Papa, j’en ai marre. J’aimerai être boulanger ! » ».

Puisqu’il s’agit de nos vies …Quelle est notre véritable liberté ?

Un gourou m’explique que le seul modèle, l’unique…c’est celui des Jedis (cf Star Wars).

Rappelez-vous la scène. On la retrouve dans tous les épisodes. Les Jedis sont hyper présents au temps.

Ils vivent le temps présent. Ils le ressentent intimement. A tel point que si un méchant tente de les attaquer par derrière ils le sentent et anticipent la menace. Nous avons tous cette image en tête. Le Jedi qui ressent tout ce qui est autour de lui. Intensément. Physiologiquement. Est-ce vraiment ce que nous voulons être ? Des Jedis ?

La France, le seul pays où l’on peut naître et mourir sous X …

Le gourou toujours m’explique qu’il voit souvent dans la rubrique nécrologique du Figaro : Monsieur DUPONT (né en 1928, mort en 2019) et tout de suite après la mention « X 1951 ». Il est mort, enterré et il est encore X. Pour l’éternité ?

Quelle est notre liberté ? Vivre ou survivre ?

Personne nous demande de changer le système (j’ai de très bonnes connaissances dans cette excellente école et rassurez-vous pour les autres écoles c’est un peu la même chose). Personne nous demande de sauver le monde. Mais c’est à chacun de nous de nous poser les bonnes questions : « Qu’est-ce que je veux vivre ? » « En quoi ce que je veux vivre a quelque chose de singulier ? » Et aussi celle-ci « Suis-je capable d’engager ma liberté jusqu’à risquer de perdre ? »

Être Monsieur DUPONT, Madame DURAND où être un ou une Jedi ?

Soyons ce que nous devons être …enracinés dans l’Humus de la vraie vie …

Pas rivés à des écrans ou à des données, suspendus à des processus budgétaires qui n’en finissent jamais …

C’est parce que je suis fragile, c’est parce que les personnes qui m’entourent, les équipes que l’on me confie comme manager sont elles aussi fragiles, que j’exerce ma liberté avec responsabilité.

Difficile d’aller à contre-courant …

Certaines organisations sont en décomposition. Oui je sais !

Les vermisseaux sont légions. Oui je sais cela aussi !

Les entreprises sont infectées de due diligencers de toutes sortes. Pas une surprise non plus !

Des consultants, biens de leur personne, qui vous expliquent dans des rapports de 72 pages (à plus de 1 000 Euros HT la page) :

« Article 1 : Le client est un c..

Article 2 : Le client est un c..

Article 3 : Le client est un c..

Etc. »

Et comme cela pendant 72 pages…

Et à la fin la fameuse formule magique, celle grâce à qui on démasque l’imposture : « Je me défausse de ma responsabilité … » « Je ne suis responsable de rien.. ».

Recréer de la confiance …

Il est étonnant de constater que dans beaucoup d’entreprises la compliance a remplacé la confiance …alors qu’à côté de cela des nouveaux modèles, tous basés sur la confiance, émergent de partout.

– Blablacar => Vous confiez votre vie à un chauffeur que vous ne connaissez pas. Vous accueillez dans votre véhicule une personne que vous n’auriez jamais prise en stop.

– RBNB => Vous donnez les clés de votre appartement à des personnes que vous ne connaissez pas. Sitôt la porte fermée vous ne pouvez contrôler ce qui se passe chez vous

– Etc.

Supprimez les tableaux Excel et Powerpoint qui nuisent à la pensée stratégique … Pensez à côté …Mais surtout pensez …

Si mon entreprise disparaissait, qu’est ce qui manquerait au monde ? Si rien ne manquerait au monde, c’est le moment de vous inquiéter … Si ce que votre entreprise, où ce que vous y faites n’a rien de singulier, d’utile…faites-vous du souci.

Toute entreprise doit être justifiée.

Partout tous les jours dans les entreprises les managers se posent la même question. La question du sens !

Partout la même revendication :

« Moi je veux bien travailler mais il y a la question du sens ! »

Comme s’il suffisait de plaquer du sens sur des finalités, des organisations, des tâches qui n’en ont pas.

Le sens c’est simple. Soit il est là : visible ou caché. Et c’est le rôle, la gloire même du management de le faire émerger et de le partager entre collègues. Soit il n’y en a pas ou on essaie faussement d’en caler un de force et cela ne tient pas dans la durée.

Pour être libres, cherchez la vérité dans cette singularité du sens. En quoi mon entreprise est-elle unique ? En quoi ce que je réalise est utile et singulier ?

Managers, levez-vous et ouvrez la bouche pour revendiquer votre singularité. Personne ne le fera pour vous. C’est la première étape de la liberté.

L’équipe Objectif CASH

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